Depuis plusieurs mois, la Maire de Paris, Anne Hidalgo, fait l’objet de nombreuses attaques, parfois violentes, à propos de la politique de réduction de la place de la voiture mise en place à Paris. Dans ce contexte et loin des polémiques politiciennes, il me semble important de remettre en perspective cette politique conduite par Anne Hidalgo, son adjoint Christophe Najdovski et l’exécutif parisien

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La pollution engendre des problèmes majeurs de santé publique (maladies chroniques, 6 500 morts prématurés à l’échelle du Grand Paris). La responsabilité de la circulation automobile, historiquement dense à Paris, est avérée. De nombreux Parisiens et Franciliens développent des pathologies liées à la pollution. Parallèlement, l’insécurité routière est un fléau.

Contrairement à ce que l’on essaie de nous faire croire, la majorité des Parisiens n’utilise pas de voiture quotidiennement pour se déplacer ou se rendre au travail. Chaque jour, 10 millions de voyages sont effectués sur le réseau RATP. Seuls 1 Parisien sur 10 et 1 habitant de la petite couronne sur 3 se rendent à leur travail en voiture. 78% de ces conducteurs déclarent utiliser leur voiture par confort et non par nécessité. Il s’agit en grande majorité de déplacements courts. 80% des conducteurs sont des hommes seuls, dont 60% sont des CSP+. L’objectif que nous portons avec la Maire de Paris n’est pas de faire disparaitre toutes les voitures de la capitale. Nous savons que certains automobilistes sont contraints d’utiliser leur voiture. Nous souhaitons en revanche réduire la place de la voiture dans la ville en permettant aux conducteurs qui utilisent leur voiture par confort, d’adopter, le plus possible, d’autres modes de déplacement. Un chiffre interpelle particulièrement : 12% des déplacements des Parisiens s’effectuent en voiture alors que 50% de l’espace public à Paris est dédié aux voitures.

L’opposition municipale nous accuse de ne pas avoir suffisamment anticipé cette politique en mettant des moyens suffisant dans le développement des autres modes de déplacement ou encore de pénaliser les Franciliens contraint de passer par Paris en voiture pour se rendre au travail faute de transports en commun efficients. Ces affirmations sont inexactes.

Depuis 2001 avec Bertrand Delanoë et depuis 2014 avec Anne Hidalgo, la politique de lutte contre la pollution et de réduction de la place de la voiture a été accompagnée d’une politique volontariste en faveur des modes doux et des transports en commun. L’objectif n’a pas changé : développer massivement les transports en commun et permettre un meilleur partage de l’espace public au profit des piétons et des cyclistes.

Nous avons investi des milliards d’euros dans les transports en commun. Paris consacre à elle seule 381 millions d’euros par an au financement d’Ile-de-France Mobilités (ex-STIF), aujourd’hui présidé par Valérie Pécresse. Sur ces 381 millions d’euros, 100 millions d’euros financent des projets de transports en commun à l’extérieur de Paris.

Depuis 2001, nous avons créé les voies de bus, pour permettre aux bus d’être plus rapides et plus ponctuels, donc plus attractifs. Nous avons réalisé la boucle du tramway, qui est en cours d’achèvement. Nous avons lancé Vélib’, puis Autolib’, puis sa version utilitaire Utilib’. Nous avons aussi soutenu la mise en place de Cityscoot, des scooters électriques en libre-service. Autant de services qui sont aujourd’hui plébiscités par les Parisiens et par les habitants de la première couronne.

Plus récemment, le Pass Navigo à tarif unique a été mis en place par Jean-Paul Huchon lorsqu’il était président de Région et fortement soutenu par les élus parisiens. Une zone de circulation restreinte parisienne a été mise en place avec la vignette Crit’Air pour interdire, sur certains axes parisiens et à certaines heures, notamment en cas de pic de pollution, la circulation des véhicules les plus polluants. Un « Plan vélo », adopté à l’unanimité, a été engagé afin de doubler en cinq ans le nombre de kilomètres de voies cyclables dans la capitale : elles passeront de 700km à 1400km d’ici 2020. Par ailleurs, nous avons multiplié les zones 30 et les zones de rencontre en dehors des grands axes afin d’apaiser les différents quartiers de la capitale.
Nous n’oublions pas non plus les déplacements à pied qui constituent la majorité des déplacements à Paris. Ainsi, nous avons développé une stratégie « Paris aux Piétons » avec de nombreux aménagements urbains (élargissement de trottoirs, passerelles piétonnes, multiplication des passages piétons). Pour les Parisiens propriétaires de véhicules polluants, la Ville de Paris a mis en place une aide financière de 400€ en contrepartie de la vente ou la destruction de leur véhicule. En complément de cette aide, une réduction de 50% sur l’abonnement annuel Autolib’ est proposée à ces Parisiens.
Mais certains peuvent légitimement se demander si cette politique est efficace pour lutter contre la pollution. La réponse est oui. Cette politique volontariste, de long terme, porte ses fruits.
Le trafic automobile a baissé de 30% ces dix dernières années à Paris intramuros. Il a baissé de 3,4 % au 1er semestre 2017 par rapport au 1er semestre 2016. Depuis la fermeture des voies sur berges rive droite, le nombre de véhicules dans le centre de Paris a baissé de 28%. La pollution de l’air a aussi baissé de 30% ces dix dernières années. Tout simplement parce que moins de voiture = moins de pollution. Certains répondront que la ville est très embouteillée. Là encore, ce n’est pas nouveau. Paris, comme la plupart des grandes villes dans le monde, a toujours connu un trafic très dense. Aujourd’hui, à Paris comme dans toutes les grandes villes du monde, la place de la voiture se réduit, le nombre de voitures en circulation diminue et les habitants adoptent de nouveaux modes de déplacement.

Pour autant, il reste encore beaucoup à faire. Le développement de parkings relais, aux portes de la Métropole du Grand Paris est essentiel. La Ville de Paris n’a pas le pouvoir de le faire, car cela relève de la compétence de la Région, mais nous sommes prêts à l’aider. La Maire de Paris a encore écrit en mai dernier à Valérie Pécresse pour lui proposer de travailler sur le sujet. Elle n’a toujours pas répondu. Le développement du vélo électrique est également prioritaire. Nous avons avancé avec la Métropole du Grand Paris, puisqu’à partir du 1er janvier 2018 nous aurons un nouveau Vélib’ à l’échelle de la Métropole et dont un tiers du parc sera à assistance électrique.
De nouvelles lignes de métro verront le jour dans les dix prochaines années, notamment pour favoriser les déplacements de banlieue à banlieue dans le cadre du Grand Paris Express. Par ailleurs, un bus à haut niveau de service sur les quais hauts de la Seine, appelé « ligne olympique » sera créé. Il fait partie de notre projet pour les Jeux 2024. Nous attendons que la Région accepte de lancer le projet.

Les Parisiens, qui ont toujours soutenus les projets en faveur de la réduction de la voiture dans Paris, ont choisi d’amplifier le mouvement en votant, dans le cadre du budget participatif, pour de nombreux projets en faveur d’aménagements piétons et cyclables.

Cette politique volontariste va dans le sens de l’histoire et est un impératif de santé publique. Elle est accompagnée par des investissements massifs de la Ville de Paris dans les réseaux de transports en commun et par le développement de modes de déplacement alternatifs. Vous pouvez compter sur la détermination de la Maire de Paris et de son exécutif pour poursuivre cette politique, continuer de l’expliquer et de convaincre de son caractère indispensable.

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Réduction de la place de la voiture à Paris, finissons-en avec les caricatures !