dimanche_7Je me joins à mes collègues pour saluer l’ampleur et la qualité du travail, mené par le Président Bernard Gaudillère. Les sujets complexes ne supportent pas les analyses simplistes et je crois que ce rapport est un véritable outil pour éclairer la décision publique, je vous en remercie.

Je trouve très heureux que la MIE ait adopté un point de vue très large car la question du travail dominical touche à toutes les dimensions de l’homme et de la vie en société, et ne pose pas uniquement la question du travail.

Je voudrais rappeler 3 points essentiels dans ce débat et qui ont trait à l’emploi :

1) La question cruciale de l’impact réel de l’ouverture du dimanche sur la création d’emplois. 

Force est de constater qu’aucune étude ne vient prouver que l’ouverture des magasins le dimanche créerait des emplois de façon conséquente alors qu’existe par ailleurs un risque non négligeable de destruction d’emploi dans le petit commerce et l’artisanat.

Les enseignes commerciales qui militent pour l’ouverture dominicale n’ont pas fourni d’études précises.

2) La qualité des emplois, et donc celui des conditions de travail des salariés concernés.

Je remarque que, si le monde économique est très divisé sur la question de l’ouverture dominicale, le monde syndical, lui, ne l’est pas.

Ce n’est pas négligeable. Pourquoi ? Que nous disent les syndicats ?

Les salariés du commerce sont ceux qui vont être le plus impactés par l’ouverture dominicale, or c’est à 80% des femmes, qui généralement habitent loin de Paris, et qui travaillent dans des conditions déjà précaires. Quelles solutions de transport leur propose-t-on ? quels modes de garde, surtout pour les femmes qui élèvent seules leurs enfants ?

Et pour quels types d’emploi ? nous savons qu’il s’agira vraisemblablement de CDD et de temps très partiels.

La qualité du travail et qualité du vivre ensemble sont au cœur du débat.

3) Les nécessaires contreparties sociales.

7 régimes différents, qui vont du mieux au moins disant socialement. La MIE a bien mis en évidence l’incroyable complexité juridique, et souligné combien il est difficile pour les salariés de faire valoir leurs droits dans ces conditions.

Cette question des contreparties sociales, si elle relève du débat parlementaire, doit aussi se poser au niveau local et faire l’objet d’un dialogue social territorial exigent et de qualité entre toutes les parties prenantes.

Il doit y avoir une négociation collective locale. Notre rôle en tant que collectivité sera d’y veiller.

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Mon intervention sur le rapport de la Mission d’Information et d’Evaluation sur le travail dominical et nocturne à Paris