Comme vous le savez, les élus de la majorité du Conseil de Paris se sont fortement opposés, dès le mois de septembre, à la baisse drastique du nombre de contrats aidés imposée par le gouvernement. J’ai pu exprimer au nom de la Maire de Paris notre vive inquiétude quant à l’impact de cette décision brutale et idéologique pour les associations et les collectivités qui ont recours aux contrats aidés, ainsi que pour les personnes les plus éloignées de l’emploi, qui bénéficiaient jusque-là de ces contrats.

140 000 emplois aidés ont en effet été supprimés sans concertation dès cet été et une baisse supplémentaire de 120 000 contrats est prévue pour 2018. Ce dispositif était pourtant jusqu’à présent un des outils clés de l’insertion professionnelle : afin d’inciter les employeurs à recruter les personnes les plus éloignées de l’emploi (jeunes sans diplôme, allocataires du RSA, seniors, travailleurs handicapés), l’État prend en charge la majeure partie du coût de ces emplois. Les personnes recrutées bénéficient ainsi d’une expérience professionnelle concrète, ainsi que d’une formation de qualité, à laquelle sont tenus les employeurs en contrepartie des aides reçues par l’État. C’est tout ce dispositif vertueux mêlant emploi et formation qui se voit condamner par les décisions du gouvernement..

A Paris, cela représente pas moins de 7000 emplois menacés en 2 ans et une véritable onde de choc pour le tissu associatif. N’oublions pas que la vitalité associative parisienne repose sur un patchwork de grandes associations historiques et de petites associations de proximité. Si les plus grandes auront sans doute la capacité de rebondir, des milliers d’associations parisiennes doivent d’ores et déjà revoir leurs actions à la baisse, cesser certaines activités ou tout simplement déposer le bilan. Et ce, dans tous les domaines d’intérêt général : ici, c’est la ressourcerie La Petite Rockette, dans le 11ème arrondissement, qui perd 14 salariés et va devoir cesser ses activités de collecte et de réemploi ; là, c’est l’AFEV qui doit diminuer fortement ses actions de soutien scolaire auprès de jeunes et d’enfants en difficulté, après la perte de 17 emplois ; chez CERAF Solidarités dans le 17ème, 8 emplois de moins, c’est un café parent-enfant et un service de thérapie familiale menacés ; au Football Club des Gobelins, 11 emplois de moins, c’est l’encadrement des enfants et les actions de médiation qui sont mis à mal…

Le groupe des députés Nouvelle Gauche défend en ce moment même un contre-budget à l’Assemblée nationale et propose 2 amendements pour rétablir un dispositif de contrats aidés efficace, et à la hauteur de l’urgence sociale que traverse notre pays : le financement de 230 000 contrats aidés supplémentaires pour revenir à un niveau de 430 000 contrats aidés en France, soit la moyenne observée sous les gouvernements précédents, toute tendance confondue ; et le retour à un taux de prise en charge de 72,5% alors que le gouvernement ajoute à la baisse du nombre de contrats, une diminution drastique de leur prise en charge, à 50% seulement, ce qui menace bien évidemment la viabilité du dispositif.
Je vous invite à les découvrir ici et à les partager largement.

Ces amendements représentent un effort supplémentaire de 539 millions d’euros. On nous répondra sans doute que ces aides à l’emploi coûtent trop cher ? Consacrer 2 343€ supplémentaires par an et par personne en insertion, quand les 1000 premiers contribuables à l’ISF verront leur feuille d’imposition s’alléger de 172 000€ par an, dès l’année prochaine, c’est en fait tout simplement une question de choix politique.

Ne baissons pas les bras face à ces attaques répétées contre ce qui fait le ciment de notre société : la main tendue à ceux qui ont besoin d’une aide temporaire pour retrouver le chemin de l’emploi et le soutien au secteur associatif dont on ne mesure peut-être pas la performance en dividendes mais qui représente un bien commun fondamental, à Paris comme partout en France.

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La bataille pour les contrats aidés continue à l’Assemblée nationale